1930-1940, Joseph Duperrier alias René Josphin, un auteur Pontoisien oublié…

C’est en mettant un peu d’ordre dans la section « Pontoise » de ma bibliothèque que j’ai exhumé un exemplaire de Pro Arte de 1935 (Revue littéraire sous la direction de Georges Finaud) dans laquelle est publiée une pièce de théâtre en un acte : « Le monde où l’on s’ignore » de René Josphin.

Joseph Duperrier alias René Josphin en 1935.

René Josphin est le nom d’artiste de Joseph Duperrier. Il est né à Chars (Seine et Oise) le 29 novembre 1902 et, avec sa mère, il habite à Pontoise au 34 Grande Rue (aujourd’hui rue Alexandre Prachay). Au début des années 30, il officie comme caissier à la Caisse d’Epargne de Pontoise (il est promu caissier général en 1935) et il se marie en juin 1936 avec Fernande Bertrand qui est employée au Trésor.

Alors que J. Duperrier réalise cette belle carrière dans le milieu bancaire, René Josphin, son double, perce dans le milieu littéraire et connait un certain succès. Après avoir débuté l’écriture à 17 ans avec le « Cénacle Lyrique » (association locale dont il semble être le fondateur, je n’ai rien trouvé sur ce sujet), il devient auteur dramatique, poète, journaliste (il écrit pour Le Progrès de Seine et Oise, une série d’articles intitulée : La pensée du terroir), il est aussi Secrétaire Général de la Fédération Littéraire de France, Membre de l’association Générale des Auteurs et a été directeur des Annales Lyriques.

Voici un article publié en février 1936 dans Le Progrès de Seine et Oise qui retrace une partie de son parcours :

Le Progrès de Seine et Oise, 8 février 1936. Source : Archives Départementales de Val d’Oise.

Sa pièce « Le monde où l’on s’ignore » est publiée dans la revue Pro Arte en 1935 et connaît une publication à part dans la Collection « Le Roman Vivant » au prix de 5 francs. Cette pièce est jouée à Pontoise le 21 novembre 1936, dans la salle des fêtes, lors de la fête annuelle de l’Union Amicale des Anciens Elèves de Pontoise.

Publié dans le programme de la 33e fête annuelle de ‘L’Union Amicale des Anciens Elèves qui a eu lieu les 21 et 22 novembre 1936 dans la Salle des Fête de Pontoise. Coll: Dassé Fabrice.

Nous perdons la trace de Joseph Duperrier après 1938, la guerre ayant probablement impacté sa vie. Il ne reste que très peu d’éléments concernant son travail et son histoire, la base de donnée de la Bibliothèque Nationale de France n’indique que deux références pour René Josphin.

Résultat de la recherche René Josphin sur la base de donnée de la BNF, décembre 2020.

En complément de cet article voici une liste non exhaustive de son oeuvre :

. La Carmina, pièce lyrique en 1 acte, René Josphin V. Attinger, 1923.

. La Première Nuit, 1 acte, musique de Roger Pénau (il aurait écrit une deuxième pièce en collaboration avec ce musicien connu de la région).

. L’Allumeuse, 3 actes, préface de Georges Finaud.

. Les Nouveaux Romanesque, 1 acte.

. Le Monde où l’on s’ignore, 1 acte Pro Arte en 1934 et 1935 (dans la revue du même nom).

. Auteur de « Les Vieux » ?

. Déshabillez-vous! …, Le Purgatoire de Bacchus, L’Absente,  en vente à Pontoise aux Imprimeries Désableaux et dans les librairies en 1938.

Pour finir je vous livre une copie de la pièce « Le Monde où l’on s’ignore » en fichier .pdf. Si je retrouve d’autres écrits de cet auteur je pourrai alors les intégrer à ce document pour tenter de réaliser un recueil de son oeuvre.

Dassé Fabrice

1638-1938, le Vœu de Pontoise, cinq photographies inédites du tricentenaire…

Contexte du Vœu de Pontoise (1) :

La fin du XVI ème siècle et la première moitié du XVII ème siècle sont des périodes particulièrement difficiles pour Pontoise et sa région. En 1580 et 1583, deux épidémies de peste déclarées à Paris se propagent aux alentours. Les populations s’en remettent à la Sainte Vierge et organisent des pèlerinages dont le plus important est celui de Mantes en 1584 (6 à 7000 personnes partant à pied de Notre-dame de Pontoise). A la fin du XVI ème siècle la ville est éprouvée par les évènements de la Ligue contre le Roi Henri IV. Elle subit un siège, la destruction de l’église Notre-Dame et doit payer 45 000 écus d’indemnité de guerre. Le 11 juin 1593, la grêle frappe la ville et fait des dégâts considérables tant sur l’agriculture locale que sur le bâti. En 1623, 1633 et 1638, la peste frappe encore la ville et la dernière contagion fut particulièrement meurtrière avec près de 1200 morts. Face à cette menace qui prend une ampleur dramatique, une assemblée d’ecclésiastiques, de syndics et de bourgeois ont décidé d’organiser une procession le jour de la Nativité, afin de demander à la Vierge Marie d’intercéder pour arrêter ce fléau. L’épidémie se termine quelques semaines plus tard, à la fin du mois d’octobre, et la concomitance des deux évènements est jugée suffisante pour que la population exécute le Vœu.

Le Vœu de Pontoise :

Vitrail réalisé en 1901/1902 par Ernest Haussaire (5), visible dans l’église Notre-Dame de Pontoise, procession du 16 juillet 1638 emmenée par Mgr François d’Aguillanguy. Source : Google Image, juillet 2016.

Le jour venu, François d’Aguillanguy, Grand Archidiacre du diocèse de Rouen et Vicaire de Pontoise, fait le vœu de brûler trois flambeaux de cire portés processionnellement à l’église Notre-Dame, de s’interdire l’usage de la chair la veille du 8 septembre, de fondre une image de la Vierge en argent d’une valeur de six cents livres et de placer sa statue sur chacune des principales portes de la ville. Le texte de ce Vœu, gravé sur une plaque de marbre noir, est conservé dans l’église Notre-Dame. Une procession anniversaire a lieu le 16 septembre 1640 avec 21 corporations de la ville puis le Vœu est renouvelé en 1726, 1838 et 1938. Les statues de la Vierge ont quant à elles été détruites puis remplacées en 1856 (4). La Vierge située en haut des remparts du château est une œuvre du sculpteur Jean-Pierre Giovanetti, inaugurée en 1956.

Vitrail réalisé en 1887 par Édouard Didron, chapelle de la Vierge, collatéral sud de la Cathédrale Saint-Maclou. La scène représente la procession de 1640 avec les différentes corporations. Photographie : Dassé Fabrice, 2020.

Note sur les corporations de Pontoise :

L’organisation de la procession du 16 septembre 1640 est à la charge du Révérend Père Cossart qui en laissera une description écrite. Ce document, publié par Roland Vasseur et Françoise Waro en 1997 (4), permet de faire la liste des corporations qui ont participé, suivie de leur saint (d’après le journal Le Progès de Seine et Oise n°36 du 3 septembre 1938) :

Savetiers (Saint Crépin)
Paveurs (Saint Roch)
Vignerons (Saint Vincent)
Jardiniers (Saint Fiacre)
Telliers – tisseurs de toile (Saint Antoine Ermite)
Serruriers (Saint Eloi)
Cordonniers (Saint Crépinien)
Pâtissiers (Saint Laurent)
Vanniers (Saint Antoine Ermite)
Mariniers (Saint Nicaise)
Mégissiers – apprêteur de peaux d’ovins et de caprins (Saint Jean-Baptiste)
Menuisiers (Saint Joseph)
Potiers d’étain (Saint Mathurin)
Bouchers (Saint Europe)
Tailleurs d’habits (Saint Gon)
Tonneliers (Saint Jean l’évangéliste)
Architectes (Saint Thomas)
Marchands de soie (Saint Maxime)
Mercier épiciers (Saint Michel)
Drapiers (Saint Jean-Baptiste)
Arbalétriers (Saint Sébastien)

Composition représentant la corporation des paveurs portant la statue de saint Roch. Dessin : L. Gignoux, Le Pèlerin n° 3209 du 25 septembre 1935. Coll: Dassé Fabrice.

La plus grande prudence est à observer sur l’exactitude de cette liste. En effet les saints patrons changent d’une source à l’autre et d’importantes corporations mentionnées par le Frère Noël Taillepied en 1587 (2), ne semblent pas avoir participé. Celles des apothicaires comprenant les médecins, les barbiers et les droguistes (Saint Cosme et Saint Damien), des menestriers (Saint Julien à l’église Notre-Dame), des clercs (Saint Nicolas à l’église Saint-Maclou) ou encore des « Gens de justice et autres qui vivent de la plume » (Saint Yves à l’église Saint-Maclou), sont d’importantes corporations qui n’apparaissent pas dans la liste du R. P. Cossart.
Pour compléter cette « note », le journal le Progrès du 3 septembre 1938 publie une série de photographies très intéressante montrant six bâtons de corporations (sans datation) conservés dans les collections archéologiques du Musée Tavet à Pontoise et dont voici les illustrations :

Le tricentenaire du Vœu de Pontoise en 1938 :

Chaque année à Pontoise, des processions relatives au Vœu sont organisées lors de la fête de Septembre. Bien que cette manifestation soit une habitude, il faut plusieurs années d’organisation pour le tricentenaire. Sous l’impulsion du chanoine Jollain, archiprêtre de Pontoise, archéologue et organisateur de l’évènement, de nombreux costumes ont été réalisés pour reconstituer les corporations, des statues de saints ont été réalisées, la ville s’est parée de décorations (dont une imposante porte « moyenâgeuse » au niveau de la rue Thiers (3)) et des invités de marques issus des rangs de l’Église ont fait le déplacement pour cette occasion. On peut noter la présence de Son Éminence le Cardinal Verdier, Mgr Roland-Gosselin (évêque de Versailles), Mgr Rivière (évêque de Monaco), M. le chanoine Marcadé (curé de Sainte-Elisabeth de Paris) et M. le chanoine Martin (curé de Saint-Hippolyte de Paris).
Le cortège est composé par une théorie de 150 jeunes filles en blanc qui sèment des pétales de roses sur leur passage, vient ensuite le groupe des 21 corporations reconstitué pour l’occasion, suivi par le clergé de la paroisse. Le parcours de la procession commence sur la Place du Petit Martroy, passe devant l’église Saint Maclou pour emprunter la rue de la Coutellerie jusqu’à la place Notre-Dame où le Cardinal Verdier fait une bénédiction; ensuite le cortège emprunte la rue Pierre Butin, tourne dans la rue Alexandre Prachay pour arriver sur la place de l’Hôtel de Ville avant de retourner à Saint Maclou par la rue de l’Hôtel de Ville.

L’engouement des Pontoisiens pour cette manifestation était important et son bon déroulement a été une source de satisfaction relatée en première page dans la presse. Toutefois, on note qu’en 1938, le spectre de la Guerre qui s’annonce, est dans tous les esprits. Le journal L’Écho Pontoisien numéro 37 du 15 septembre 1938 le met en avant au travers de cette caricature :

L’Écho Pontoisien numéro 37 du 15 septembre 1938. Archives Départementales du Val d’Oise.

Si vous le désirez, en plus des vitraux présentés dans cet article vous pouvez toujours partir à la recherche des trois statues de la vierge placées rue de Gisors (face au cimetière), rue de Rouen (non loin de l’entrée du château de Marcouville) et en haut des remparts de l’ancien château (en face de l’Office de Tourisme de Cergy-Pontoise).

Bonnes balades

Dassé Fabrice


  1. Sources :
    – J. Gressier, J-M. Champion, A. Demurger, J. Dupaquier, G. Gaucher, J. Hecquet, J. Lecuir, Pontoise 2000 ans d’histoire, Imprimerie Paris à Pontoise, 1973 :
    p.79 pour la grêle et les évènements de la Ligue, pp. 86-87 pour les épidémies.
    – Abbé Trou, Recherches Historiques Archéologiques et Biographiques sur la Ville de Pontoise, Les Éditions du Bastion, 1987 :
    p. 176, 214, 217 pour les épidémies de 1623, 1633 et 1638.
    Le progrès de Seine et Oise, numéro 36, 3 septembre 1938, Archives Départementales du Val d’Oise, pour la procession du Vœu de Pontoise en 1638.
  2. Taillepied, Noël (1540-1589). Les Antiquités et singularités de la ville de Pontoise. Réimpression de l’ouvrage de 1587, Édition revue et annotée sur les manuscrits des archives de Pontoise, Librairie Alex Seyes, 26 rue de l’Hôtel de Ville, Paris Librairie H. Champion 15 quai Malaquais, 1876, pp. 121-123.3.
  3. Le progrès de Seine et Oise, numéro 37, 10 septembre 1938, Archives Départementales du Val d’Oise.
  4. Vasseur Roland, Waro Françoise, Saints guérisseurs d’Ile-de-France, Peste et saints antipesteux (II), in Vivre en Val d’Oise n°42, février 1997, Editions du Valhermeil, Saint Ouen l’Aumône, p.48.
  5. Livret-découverte, Laissez-vous conter l’église Notre-Dame de Pontoise, Service Patrimoine de la Ville de Pontoise, sans date, p.9.

1910-1930 – La fanfare de quartier « Les Joyeux de la Gare » animée par des commerçants de Pontoise…

Au début de l’année 2020, René et Claude Wichegrod, descendants d’une célèbre lignée de chapeliers/chemisiers et d’élus pontoisiens, m’ont invité à découvrir leurs archives familiales. Lors de cette riche rencontre, nous avons parcouru tout un pan de l’histoire de Pontoise et des familles Wichegrod – Roulleau. J’ai été amené à reproduire de nombreux documents dont voici un très modeste premier aperçu.

Photographie de la Fanfare de quartier « Les Joyeux de la Gare » de Pontoise. Coll. Dassé Fabrice.

Cette photographie de la fanfare « Les Joyeux de la Gare » de Pontoise est intéressante à plusieurs titres :
– La prise de vue est estimée autour des années 1910-1930 et aucune des recherches entreprises sur cette formation musicale n’a porté ses fruits, elle n’a laissé que très peu de traces et cette photographie est pour le moment, l’unique document qui permet d’attester de son existence.
– M. René Wichegrod, né en 1932, a connu la plupart des personnes qui posent sur cette photographie et a pu mettre un nom, une profession et parfois une adresse sur vingt d’entre elles.
– Enfin, il s’avère qu’elle est essentiellement composée de commerçants installés dans les quartiers autour de la gare de Pontoise, en allant de la place du Pont jusqu’à celle du Parc aux Charrettes en passant par la rue Carnot et la rue Thiers.

Contexte général :

La musique militaire connaît ses premiers balbutiements à la fin du XV ème siècle, c’est l’ordonnance du 19 avril 1766 qui officialise les orchestres régimentaires de l’armée française (1). Avec l’instauration de la « conscription universelle et obligatoire (service militaire) » en 1798, de nombreux conscrits sont formés à la musique (2). C’est ainsi qu’au début du XX ème siècle, les 163 régiments d’infanterie de l’armée française sont dotés chacun d’une formation de musique de 40 personnes (puis 60 entre les deux Guerres Mondiales) (3). C’est dans ce contexte que des conscrits forment ou rejoignent des harmonies lors du retour à la vie civile et la présence d’instruments typiques des fanfares militaires sur ce cliché (grosse caisse, trombones, cors, serpents, etc…) appuie cette hypothèse. La presse de l’époque permet d’identifier deux autres fanfares d’Île de France basées sur la même thématique du rire et de la bonne humeur, les « Rigolos de la Chaussée Jules-César » de Franconville et l’ « Harmonie des Bons-Vivants » de Brunoy (Essonne) qui officiaient respectivement en 1933 et 1924.

Fanfare de Franconville, L’Echo Pontoisien, numéro 49 du 7 décembre 1933, Archives Départementales du Val d’Oise.

Harmonie du Brunoy « Harmonie des Bons Vivants », Le Progrès-de-Seine-et-Oise, numéro 471 édition de Raincy-Montmorency du 20 septembre 1924, Archives Départementales du Val d’Oise.

Identification des membres de la fanfare :

Les numéros d’ordre de la présentation suivante correspondent à ceux du visuel ci dessus, pour des raisons pratiques de rédaction, les personnes non identifiées sont regroupées en fin d’article…

 

(2). Edmont Clément Monti (né à Vissous le 21 avril 1880) est un entrepreneur de peinture installé 13 rue Thiers. On retrouve cette entreprise en 1959, dirigée par Claude Monti, au 5 place du Parc aux Charrettes.

 

 

(4). Eugène Rabourdin (décédé en 1954) gère le Café du Chemin de Fer « Chez Rabourdin » au 2 rue Thiers. L’établissement existe toujours aujourd’hui en tant que café et s’appelle Le Rail, il fait l’angle de la rue Thiers et de la rue Seré-Depoin.

 

 

 

Café du Chemin de Fer « Chez Rabourdin », extrait d’une carte postale, coll. Dassé Fabrice.

 

 

 

 

 

 

(5). M. Ternoz est représentant en charbons pour la Maison Bernot Frères situé 1 rue Thiers.

 

 

 

 

Maison Bernot Frères, 1 rue Thiers, marchand de charbons. Archives Municipales de Pontoise, cote : 4fi237.

(7). M. Robigault a repris la succession de la Maison Dieudonné au 5 rue Thiers. Ce commerce alimentaire vend beurre, œufs, fromages, volailles, gibiers et charcuteries.

 

 

 

Maison Dieudonné, Robigault successeur, 5 rue Thiers à Pontoise. Coll. Dassé Fabrice.

 

(8). M. Godefroy est un photographe connu, il a réalisé de nombreuses prise de vues pour l’édition de cartes postales de l’éditeur Seyes. Il officie pendant un moment dans la rue Carnot (rue Seré-Depoin) avant de s’installer au 6 rue Thiers.

 

 

Publicité du photographe Godefroy éditée dans « Le Progrès-de-Seine-et-Oise », numéro 25 du 8 janvier 1913, Archives Départementales du Val d’Oise.

 

(10). Charles Isaac est un marchand de chevaux implanté 26 rue Carnot, actuellement rue Seré-Depoin.

 

 

 

 

Charles Isaac, marchand de Chevaux. Carte postale extrait de Paul Mathieu, Pontoise en 1900, page 62.

(11). M. Plé est marchand fruitier dont la boutique est 13 rue Thiers (Guide Annuaire Pontoisien, édition L’Echo Pontoisien, 1910).

 

 

 

(12). E. Rigault tient la Librairie de la Gare 28 rue Carnot (rue Seré-Depoin). Il édite de très nombreuses cartes postales sur Pontoise et le Vexin.

 

 

 

La Librairie de la Gare, tenue par E. Rigault imprimeur. Coll. Dassé Fabrice.

(14). A. Paillard est un boucher dont l’établissement est 12 Place du Pont (Guide Annuaire Pontoisien, édition L’Echo Pontoisien, 1910). Il prend la succession de M. Desvignes qui tenait encore cette boucherie en 1890.Cette boucherie apparaît aussi au numéro 10 de la même place sur certains documents.

 

Carte postale de la Place du Pont et coupon promotionnel de la boucherie Paillard à Pontoise. Coll. Dassé Fabrice.

(15). M. Bligoux qui dirige l’Hôtel de la Gare au 1 Place de la Gare.

 

 

 

 

Carte postale (extrait), Hôtel de la Gare, 1 Place de la Gare à Pontoise. Coll. Dassé Fabrice.

(16). M. Chiot est un architecte habitant au 24 rue Thiers (Guide-Annuaire du Canton de Pontoise, édition l’Echo Pontoisien, 1932) au dessus d’une boutique d’horlogerie.

 

 

 

(17). Jean Barde est un vendeur de vins en gros établi 82 rue Basse (rue Pierre Butin).

 

 

 

 

(18). J. Bléger est un épicier situé au 14 rue Thiers. Il vend en gros, demi-gros et au détail des vins et spiritueux, des couleurs et vernis, de la brosserie ou encore des verres à vitres.

 

 

 

(19). M. Langlois tient un garage Peugeot situé 11 rue Thiers. En plus de la location et de la réparation de véhicule on y trouve des vélos, des machines à coudre,  des motocyclettes ou encore des machines agricoles. En 1932, le garage Langlois est 87 rue Basse (Rue Pierre Butin).

 

 

Publicité publiée dans Le Progrès-de-Seine-et-Oise, numéro 25 du 8 janvier 1913, Archives Départementales du Val d’Oise.

(21). M. Victor Lechauguette est un marchand de porcs implanté au 48 rue Carnot (rue Seré-Depoin). Il est aussi un élu de la Mairie de Pontoise dont il sera conseiller municipal et adjoint au Maire entre 1912 et 1937.

 

 

(22). Abraham dit Albert Wichegrod est un chapelier situé au 18 de la rue Thiers. Il est le grand-père de René Wichegrod qui a identifié les personnes de cette photographie.

 

 

Chapellerie, chemiserie Wichegrod-Rosenthal, 18 rue Thiers, Archives Municipales de Pontoise, côte : 7Fi13385.

(23). M. Vincent est le gérant du Bazar de la Gare situé 3 rue Thiers.

 

 

 

 

Le Bazar de la Gare, 3 rue Thiers. Coll. Dassé Fabrice.

(24). M. Salomé, 15 rue Basse (rue Pierre Butin) est un huissier qui opère en  contentieux civil et commercial, représentation devant les tribunaux, recouvrement de toutes créances et en vente de fonds de commerce.

 

 

Pour finir, voici ceux pour qui il n’y a pas assez d’informations pour les identifier avec certitude :

Dassé Fabrice


1. Thierry Bouzard, Docteur en Histoire, site internet : De Musicae Militari, Les premiers orchestres militaires réglementaires.
2. Edmond Neukomm, Histoire de la musique militaire, Librairie Baudouin, Paris, 1889.
3. Wikipédia, rubrique « Musiques militaires » (consulté en mai 2020).

1914 – L’Association des Dames Françaises – Le comité de Pontoise organise un bal

 

Carnet de Bal émis pour le compte du Comité de Pontoise de l’association des Dames Françaises en 1914. Coll : Dassé Fabrice.

En 1864, un an après le Comité International de la Croix Rouge (CICR), est fondée La Croix Rouge Française (CRF). Le CIRC est à l’origine de la première Convention de Genève pour l’amélioration de la condition des blessés lors de conflits armés. La France en est l’un des premiers signataires et met en place la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM) dont un comité s’implante à Pontoise en 1870. Elle parvient à collecter des fonds lors de la guerre Franco-Prussienne et, en plus du secours aux blessés, elle soutient les veuves et orphelins de soldats.

A Pontoise, les Prussiens installent un hôpital de la Croix Rouge dans les locaux de Notre Dame de la Compassion qui était alors un couvent de jeunes filles.

Hôpital prussien de la Croix Rouge, installé lors de la guerre de 1870 dans les locaux du Couvent Notre Dame de la Compassion. Source : Archives Municipale de Pontoise, côte : 7Fi11154.

En 1879, une première scission au sein de l’organisation du CIRC donne naissance à l’Association des Dames Françaises (ADF). Sous la direction du professeur Duchaussoy, ses objectifs sont la formation d’infirmières et l’intervention auprès des populations civiles même en temps de paix.

On retrouve dans les délibérations du Conseil Municipal de Pontoise, des demandes de subvention de l’ADF associées à des propositions d’implantation sur la commune en 1893 et 1894 (1). Celles-ci ont été rejetées au motif que la SSBM est implantée sur la commune et reçoit déjà des subventions pour des services équivalents. Un compte rendu d’Assemblée Générale daté de décembre 1913 (2) indique que le comité des Dames Françaises de Pontoise est fondé en octobre 1896.

Une autre scission en 1881 donne naissance à l’Union des Femmes de France qui est exclusivement dirigée par des femmes. Les trois organisations font néanmoins partie de la Croix Rouge Française et un comité central est créé pour qu’elles aient une direction commune.

Le comité des Dames Françaises de Pontoise s’applique, dès 1896, à récolter des fonds. Il aide au financement de l’Hôpital d’Auteuil qui permet aux Dames d’« acquérir les connaissances pratiques sur les soins à donner aux blessés et aux malades » (3). Un bureau est ouvert rue Basse et contribue au recrutement de « quelques fidèles travailleuses » (3). L’ADF de Pontoise s’illustre lors des inondations de 1910 en apportant logement et aide matérielle aux sinistrés, elle participe au financement d’opérations pour de nombreux autres sinistres et conflits en France et dans le monde.

Association des Dames Françaises. Remerciements à l’égard des militaires blessés, 1917. Source : Archives Municipales de Pontoise, côte : 80Z95.

Le ministre de la guerre, à la date du 7 juin 1912, a accordé la concession des locaux du Couvent de Notre Dame de la Compassion à Pontoise pour l’installation éventuelle d’un hôpital auxiliaire de 49 lits. Ce nouvel hôpital, classé en première série, portera le n°247. Le Dr Breitel Henri est alors désigné pour remplir les fonctions de médecin-chef de l’hôpital (4). En 1913 l’ADF de Pontoise (1), dirigée par Mme Désableaux, a de bons résultats avec un avoir de 15 110 francs et l’hôpital un fonds de réserve de 2929 francs. On retrouve parmi le personnel enseignant les pharmaciens Bournisien et Deguiry. L’inventaire matériel de l’hôpital se compose de 34 draps, 116 chemises, 12 paires de chaussettes, 12 caleçons, 12 serviettes, 12 bonnets de coton, 32 mouchoirs, 740 pièces de pansement, 1 brancard, 1 mannequin, 2 appareils de Scultet (5).
Le financement du comité pontoisien passe par les subventions, les dons, mais aussi par l’organisation de manifestations qui permettent de se faire connaître en plus des rentrées pécuniaires. Ainsi, le 17 avril 1898, est organisé un bal agrémenté d’une tombola où 2760 billets à 50 centimes ont été vendus et 64 lots ont été offerts. Le bénéfice de l’opération s’élève à 754 francs et 10 centimes qui sont placés sur un compte à la Caisse d’Epargne (6). Le carnet de bal ci-dessous a été édité pour la dernière manifestation de ce type avant les événements de la Première Guerre Mondiale.

Carnet de bal imprimé par l’Imprimerie Désableaux (même famille que la présidente du Comité de Pontoise de l’ADF), 1914. Coll. Dassé Fabrice.

 

Le carnet de bal contient l’ordre des danses et sert d’aide mémoire à la danseuse qui note les noms de chaque partenaire qui s’est proposé.

L’Echo Pontoisien relate dans un court article le déroulé de ce bal (7) :

Dassé Fabrice


(1) Archives Municipales de Pontoise : Côtes 1D37, n°1893-168 et 1D37, n°1894-207.

(2) Association des Dames Françaises, Compte rendu de la 36ème Assemblée Générale tenue le 14 novembre 1913 à la Sorbonne, Bulletin supplémentaire n°12, décembre 1913, pp. 191-192.

(3) Bulletin de l’Association des Dames Françaises n°9, Août-Septembre 1905, pp. 179-180.

(4) Bulletin de l’Association des Dames Françaises n°7, juin 1912, pp. 171.

(5) Système d’attelle élaboré qui s’utilise dans le traitement de fractures des membres supérieur et inférieur.

(6) Bulletin de l’Association des Dames Françaises n°6, mai 1898, p. 170.

(7) L’Echo Pontoisien, n° 8 du 19 février 1914, Archives Départementales du Val d’Oise, côte PER 135018.

1908-1932, René Baillat, un aéronaute de Pontoise

René Baillat. Journal Le Progrès de Seine et Oise du 13 septembre 1924. Source : Archives Départementales du Val d’Oise.

M. Baillat est un pilote de ballon pontoisien qui est malheureusement tombé dans l’oubli. Entre 1908 et 1932, « l’ascension du Ballon » était pourtant une des attractions les plus populaires lors des foires et fêtes de septembre, de la Saint Gautier (en mai), mais aussi de certaines fêtes de quartier comme celle de la Gare du 10 au 17 juillet 1927.

Mise en place du ballon sur la place de l’Hôtel de Ville lors de la Fête de Septembre de 1908. Source : Archives de la Ville de Pontoise, côte : 7FI10493.

René Baillat aux comandes du ballon lors de la Fête de septembre de 1908. Source : Archives de la Ville de Pontoise, côte : 7FI10494.

L’entête du papier à lettre ci-dessous nous indique que les attractions foraines n’étaient pas sa seule activité. Outre les ascensions nocturnes et diurnes, on apprend qu’il réalisait des vues aériennes pour les cartes postales, et qu’il avait aussi le matériel pour décoller en mer ou encore pour des ballons-sondes.

Courrier à entête de la société de R. Baillat, 1927. Collection Dassé Fabrice.

Le métier d’aéronaute n’est pas sans danger et quelques accidents de R. Baillat ont eu les honneurs de la presse nationale :

Ainsi L’Eclaireur de Nice du 7 juillet 1925 publie un article qui sera repris par le journal Le Progrès de Seine et Oise* du 11 juillet 1925 :

Extrait du journal Le Progrès de Seine et Oise du 11 juillet 1925. Source : Archives Départementales du Val d’Oise.

Un autre accident moins spectaculaire mais avec des conséquences qui auraient pu être tout aussi graves est relaté dans l’Express du Midi du 22 août 1928 :

Extrait du journal L’Express du Midi du 22 août 1928.


* Le Progrès de Seine et Oise était un journal local imprimé à Pontoise par les Imprimeries Désableaux situées aux 63-65 rue Basse.