1908-1932, René Baillat, un aéronaute de Pontoise

René Baillat. Journal Le Progrès de Seine et Oise du 13 septembre 1924. Source : Archives Départementales du Val d’Oise.

M. Baillat est un pilote de ballon pontoisien qui est malheureusement tombé dans l’oubli. Entre 1908 et 1932, « l’ascension du Ballon » était pourtant une des attractions les plus populaires lors des foires et fêtes de septembre, de la Saint Gautier (en mai), mais aussi de certaines fêtes de quartier comme celle de la Gare du 10 au 17 juillet 1927.

Mise en place du ballon sur la place de l’Hôtel de Ville lors de la Fête de Septembre de 1908. Source : Archives de la Ville de Pontoise, côte : 7FI10493.
René Baillat aux comandes du ballon lors de la Fête de septembre de 1908. Source : Archives de la Ville de Pontoise, côte : 7FI10494.

L’entête du papier à lettre ci-dessous nous indique que les attractions foraines n’étaient pas sa seule activité. Outre les ascensions nocturnes et diurnes, on apprend qu’il réalisait des vues aériennes pour les cartes postales, et qu’il avait aussi le matériel pour décoller en mer ou encore pour des ballons-sondes.

Courrier à entête de la société de R. Baillat, 1927. Collection Dassé Fabrice.

Le métier d’aéronaute n’est pas sans danger et quelques accidents de R. Baillat ont eu les honneurs de la presse nationale :

Ainsi L’Eclaireur de Nice du 7 juillet 1925 publie un article qui sera repris par le journal Le Progrès de Seine et Oise* du 11 juillet 1925 :

Extrait du journal Le Progrès de Seine et Oise du 11 juillet 1925. Source : Archives Départementales du Val d’Oise.

Un autre accident moins spectaculaire mais avec des conséquences qui auraient pu être tout aussi graves est relaté dans l’Express du Midi du 22 août 1928 :

Extrait du journal L’Express du Midi du 22 août 1928.

* Le Progrès de Seine et Oise était un journal local imprimé à Pontoise par les Imprimeries Désableaux situées aux 63-65 rue Basse.

1941 – Lucien MICHARD, un grand champion du cyclisme de vitesse… à Pontoise

Lucien Michard, Agence de presse Meurisse. Bibliothèque Nationale de France, département estampes et photographies, EI-13(2866), Domaine public.

Lucien Michard (1903-1985) est certainement l’un des plus fameux sprinter français de l’histoire du cyclisme.
Sa carrière en amateur entre 1922 et 1924 est couronnée par de nombreux titres, dont deux de Champion du Monde et le plus fameux :
Champion Olympique de vitesse individuelle en 1924, à l’âge de 21 ans.
Son palmarès en professionnel est édifiant avec pas moins de huit titres de Champion de France de vitesse entre 1925 et 1935, quatre de Champion du Monde entre 1927 et 1930.
En 1931, un mauvais arbitrage lui fait perdre son titre mondial et il amorce un virage dans sa carrière. Il revient sur des courses nationales et établit pas moins de 7 records du monde de vitesse en solo ou en tandem entre 1931 et 1938.
La seconde Guerre Mondiale met un point final à sa carrière et sa biographie indique qu’il commence à vendre des bicyclettes fabriquées sous son nom et parraine une équipe professionnelle dès 1939 avec l’équipementier Hutchinson.

Quel rapport avec Pontoise ? me direz-vous…

Lucien Michard et sa femme devant la Boutique du 21 Place du Grand Martroy. Photographie de l’article. Coll. F. Dassé.

Il se trouve que le magazine Le Miroir des Sports (11 août 1941) consacre un article sur Lucien Michard et sa reconversion « forcée » en tant que bonnetier dans la boutique qu’il a achetée pour sa femme en avril 1939, peu avant la guerre. La boutique est située au 21 place du Grand Martroy (actuellement cave à vins et alcools : La Cave des Remparts). Il s’est installé à Pontoise car il y a de « bons amis » mais aussi pour ne pas trop s’éloigner de Paris avec l’espoir de reprendre la compétition. L’ambiance de la boutique devait être particulière car l’auteur indique qu’il y avait sur les murs et étagères de nombreux souvenirs de ses exploits sportifs.

Agencement de la vitrine de la boutique. Photographie de l’article. Coll. F. Dassé.
Lucien Michard en pleine vente de laine (Laines du Pingouin, Roubaix, marque créée en 1927). Photographie de l’article. Coll. F. Dassé.

Un article du journal L’Auto du 6 mai 1944 mentionne que Lucien habite encore à Pontoise. Il est probable qu’ils aient quitté la région à la fin de la guerre mais je n’ai pas trouvé de date précise.

Dassé Fabrice


Sources :

Le Miroir des Sports, nouvelle série n°19, lundi 11 août 1941, Raymond Huttier, Lucien Michard (qui fut le plus glorieux sprinter français) est établi bonnetier à Pontoise.

Lucien Michard : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Michard

Journal L’Auto : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4649693v/f2.image

Laines du Pingouin : https://fr.wikipedia.org/wiki/Laini%C3%A8re_de_Roubaix